Bagdad est la capitale de la République d'Irak et le chef-lieu du gouvernorat de Bagdad. En 2016, sa population s'élevait à environ 8,5 millions d'habitants, ce qui en fait la plus grande ville d'Irak et la deuxième du monde arabe après Le Caire. Elle se classe au 40e rang mondial en termes de population. La ville est le centre économique, administratif et éducatif du pays. Elle fut fondée au VIIIe siècle par le calife abbasside Abou Jaafar al-Mansur et devint la capitale de l'État abbasside. Bagdad acquit alors un prestige considérable, devenant le plus important centre scientifique au monde et un lieu de rencontre pour les érudits et les étudiants pendant plusieurs siècles. Bagdad illustre aujourd'hui la succession de capitales au sein d'un même territoire. En Mésopotamie, les capitales se sont succédé, de l'ancienne Babylone à la Séleucie grecque et à Ctésiphon perse, connues sous le nom de Khosro, puis à l'actuelle Bagdad. Bagdad fut la plus grande ville du monde pendant la majeure partie du règne abbasside, durant l'âge d'or islamique, avec une population de plus d'un million d'habitants. La ville connut son apogée sous le règne du cinquième calife abbasside, Haroun al-Rachid, et son nom est associé aux célèbres Mille et Une Nuits, car elle devint la capitale du monde antique. Elle perdit ce statut en 1258, lors de l'invasion mongole et tatare. Au début du XVIe siècle, les Safavides et les Ottomans se disputèrent le contrôle de la ville, jusqu'à ce que ces derniers s'en emparent définitivement en 1535. Bagdad resta sous leur domination pendant près de quatre siècles. En 1917, les Britanniques prirent le contrôle de la ville et, comme la plupart des régions d'Irak, elle fut soumise au mandat britannique. Elle devint ensuite la capitale du Royaume d'Irak en 1921, puis de la République d'Irak en 1958.
L'importance de la situation géographique de Bagdad réside dans la disponibilité de l'eau et la réduction du risque d'inondations, ce qui favorisa l'expansion de la ville et l'accroissement de son influence. S'y ajouta la facilité de traverser le Tigre grâce à des ponts reliant ses rives. Le fleuve traverse la ville et la divise en deux parties : Karkh et Rusafa. Aujourd'hui, Bagdad compte 27 arrondissements, eux-mêmes subdivisés en plusieurs quartiers.
Bagdad se distingue par son importance culturelle, illustrée par la présence de nombreux monuments importants tels que des musées, des écoles historiques, des bibliothèques et des théâtres. La ville est célèbre pour ses monuments islamiques, notamment les vestiges des remparts de Bagdad, la Maison du Califat et l'école Mustansiriya. La vieille ville de Bagdad porte plusieurs noms, tels que la Ville Ronde, Al-Zawraa et Dar Al-Salam.
Histoire de Bagdad
Façade de la mosquée du Grand Imam Abou Hanifa Al-Nu'man à Al-A'dhamiyah, Bagdad, au début du XXe siècle.
Les fouilles archéologiques ont révélé que Bagdad était un important centre de peuplement humain dans l'Antiquité, dès l'époque assyrienne, avant même d'être choisie comme capitale du califat abbasside. Son importance géographique et stratégique tenait à sa situation au carrefour des grandes civilisations s'étendant du nord au sud de l'Irak. Cette position géographique historique conférait à Bagdad une place centrale entre ces villes, créant ainsi un environnement propice au développement humain et à ses réalisations civilisationnelles et intellectuelles. Avant et après la conquête islamique, la région connue sous le nom de Bagdad à l'époque abbasside était entourée de villes d'importance stratégique et géographique. Bagdad se situe au nord de l'ancienne Babylone et à quelques kilomètres au nord-ouest de Ctésiphon (Al-Mada'in), ville fondée par les Grecs avant Jésus-Christ et héritée des Perses. Ctésiphon demeura le principal centre du pays jusqu'à son remplacement par Bagdad au VIIIe siècle.
Une ancienne photographie de l'arc perse de Khosro à Ctésiphon (actuellement Mada'in), au sud-est de Bagdad. Bagdad fut construite sous les Abbassides, entre 762 et 764 apr. J.-C. Elle était alors appelée Al-Zawraa, la Cité de la Paix. Elle fut jadis la capitale du monde et le centre du califat abbasside. Elle fut construite par le calife abbasside Abou Jaafar al-Mansur, qui la nomma ville d'Al-Mansur. Il y fit construire quatre portes : la porte du Khorasan (appelée porte d'État), la porte du Levant, la porte de Koufa et la porte de Bassora. Al-Mansur avait choisi cet emplacement sur les deux rives du Tigre. Bagdad est riche de nombreux sites historiques et culturels, parmi lesquels l'école Mustansiriya, d'anciennes mosquées et d'anciens palais. Elle abrite également de nombreux sanctuaires religieux, dont les plus importants sont les mausolées de l'imam Moussa al-Kadhim et de Muhammad al-Jawad à Kadhimiya, ainsi que le mausolée d'Abou Hanifa al-Nahyan.
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La rue Al-Mutanabbi abrite de nombreux établissements culturels : bibliothèques publiques, centres littéraires et culturels, ainsi que des librairies. On y trouve également l’école Al-Mustansiriya, construite à l’époque abbasside, une exposition de peinture ancienne et le café Al-Shabandar Heritage. La rue compte aussi de nombreuses mosquées anciennes.
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Le Théâtre national, anciennement connu sous le nom de Théâtre national, est un théâtre fondé il y a environ un siècle en Irak. De nombreuses pièces irakiennes d'artistes de renom y ont été jouées. Le Théâtre national irakien a ouvert ses portes sous le régime de Saddam Hussein et a fermé ses portes pendant la guerre d'Irak en 2003.