Babylone (prononciation arabe : [BA-BEL] (écouter), akkadien : 𒆍𒀭𒊏𒆠, orthographié KA₂-DIG̃IR-RAKI, littéralement « Porte de Dieu »), l'une des villes du monde antique et la plus grande capitale de la civilisation mésopotamienne. Capitale de l'Empire babylonien, elle fut la première ville à atteindre une population de 200 000 habitants. Babylone est située sur un bras de l'Euphrate, à environ 85 kilomètres au sud de Bagdad, près de la ville de Hilla, et couvre une superficie de 9 km². En 2019, l'UNESCO l'a inscrite sur la Liste du patrimoine mondial. L'essor de Babylone comme puissance régionale au Proche-Orient coïncide avec l'accession au pouvoir du roi Hammurabi, sixième roi de la Première dynastie babylonienne. Babylone devint alors la capitale d'une entité politique qui dominait la vallée de l'Euphrate et le sud de la Mésopotamie : l'Empire babylonien. Au VIIIe siècle avant J.-C., après des années de conflit, le roi assyrien Tiglath-Pileser III parvint à s'emparer de Babylone. La ville demeura sous la domination de l'empire assyrien pendant un siècle, jusqu'à la révolte du roi babylonien Nabopolassar, qui mit fin à la domination assyrienne en Mésopotamie après sa victoire à la bataille de Ninive. Au VIIe siècle avant J.-C., la ville atteignit son apogée sous le règne du roi Nabuchodonosor II, le plus puissant et le plus sévère des rois chaldéens, qui régnait sur un empire dont l'autorité s'étendait sur la majeure partie du Moyen-Orient, de la mer Méditerranée au golfe Persique. Dans la première moitié du VIe siècle avant J.-C., Babylone tomba aux mains des hordes du shah perse Cyrus le Grand, fondateur de l'empire achéménide et son premier empereur, lorsqu'il anéantit les armées babyloniennes à la bataille d'Opis, faisant de la ville l'une des capitales de son jeune empire. Dans la seconde moitié du IVe siècle avant J.-C., Alexandre le Grand y entra victorieux après avoir dispersé les Perses à la bataille de Gaugamèles. Le jeune souverain souhaitait en faire la capitale orientale de son empire avant d'y mourir. Par la suite, la ville passa sous le contrôle de l'un de ses chefs militaires, Séleucos al-Mansur. Au milieu du IIe siècle avant J.-C., les Perses s'en emparèrent à nouveau, cette fois-ci représentés par l'empire parthe, mené par le shah Mihrdad le Grand. Dès lors, Babylone commença à décliner progressivement et tomba dans l'oubli, un phénomène que les historiens attribuent à sa proximité avec Ctésiphon, la capitale parthe. Trois siècles plus tard, les légions romaines, sous le commandement de l'empereur Trajan, y pénétrèrent et ne trouvèrent plus que l'ombre d'elles-mêmes.
Babylone occupe une place à part dans l'histoire, d'abord grâce à son architecture unique, depuis ses remparts et ses portes monumentales qui entouraient la salle de la ville, dont les plus belles étaient celles portant le nom d'Ishtar, jusqu'à la merveille du monde antique que furent ses jardins suspendus. Ensuite, en raison d'une légende qui s'est progressivement développée après sa chute et l'abandon de ses habitants au début des premiers siècles de notre ère. Cette légende est souvent évoquée de manière négative dans les récits bibliques, ainsi que dans les chroniques grecques, qui la décrivent et l'ont immortalisée pour les générations futures. Son emplacement, jamais oublié, n'a fait l'objet de fouilles qu'au début du XXe siècle, lorsque l'archéologue allemand Robert Koldewey a mis au jour ses principaux vestiges. Depuis lors, l'importante documentation archéologique et épigraphique découverte dans la ville, complétée par les informations provenant d'autres sites antiques liés à Babylone, a permis de dresser un portrait plus précis de la cité antique, au-delà des mythes et légendes. Cependant, de nombreux sites de cette ville, qui fut jadis l'une des plus importantes du Proche-Orient ancien, restent encore à découvrir, car les horizons de la recherche ont longtemps été restreints par les guerres et les crises.